Histoire de la maroquinerie

Un peu d’étymologie …

D’après le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL), le terme « maroquinerie » tirerait son étymologie du mot « maroquin » ou « peau de chèvre tannée avec du sumac ou de la noix de galle » (A. d’Agnel, Comptes du roi René, II, 372). Le terme et le savoir-faire auraient été transmis en Europe par l’intermédiaire des espagnols à travers le mot « marroqun » (fin xvies. ds Diccionario de Autoridades). Ce nouveau mot aurait parcouru toute l’« Andalus » ou « Al-Andalus » c’est-à-dire toute la zone sous domination musulmane de 711 à 1492, allant de la péninsule ibérique jusqu’à la « Septimanie » (actuelle petite zone du sud de la France). Ce terme dériverait des mots « Maroc » ou « marocain » puisque inventé par les marocains (FEW 19, 121).

Aujourd’hui, le terme de « maroquinerie » peut être défini de différentes manières. En effet selon le dictionnaire en ligne Encyclopaedia Universalis, la maroquinerie signifierait un « ensemble de techniques de fabrication des objets en cuir » mais également un type « |d’]entreprise qui fabrique des objets en cuir », un « magasin de vente d’objets en cuir » ou tout simplement un « objet en cuir ».

Toutefois, de nos jours, le terme « maroquinerie » tend à perdre son sens réel car est utilisé pour nommer des articles qui autrefois était bel et bien fait de cuir mais qui sont aujourd’hui, confectionnés avec de tout autres matériaux tel que du tissu ou encore des matières synthétiques.

Parmi les produits de maroquinerie on compte originellement les sacs de toutes tailles (de l’article de voyage jusqu’à la petite maroquinerie c’est-à-dire les porte-monnaie, porte-clefs …) pour femmes comme pour hommes et même pour enfants, les ceintures, les bijoux (bracelets de montres, bracelets …), les articles de sellerie, les articles de gaineries (coffrets …) ….

Un peu d’histoire …

Depuis toujours, l’utilisation de peau animale est courante dans la fabrication de petits objets et de vêtements. En effet lors de fouilles archéologiques, l’on a retrouvé en Egypte principalement, des vêtements telles que des fourrures, des souliers et même des petits objets d’utilisation courante, objets de tous les jours comme des instruments de musique. Plus tard, dans la Grèce Antique, on voit apparaître des habits de cuir servant à vêtir les cavaliers.

Toutefois, il va falloir attendre le XIIe siècle pour voir le travail du cuir se développer plus considérablement et ce dans les régions d’Europe du sud (Italie surtout) et du Maroc (et Maghreb de manière plus générale). La population bourgeoise plus aisée est de plus en plus friande des articles en cuir et pousse le commerce du cuir à se développer.

Au cours du temps, ce métier de maroquinier d’abord réservé à la population rurale devient « art ». Ainsi, on voit la noblesse du Moyen Age décorer ses intérieurs de malle en cuir. Petit à petit, cet « art » se développe également dans le monde rural à travers le monde, ce qui par la suite entraînera un retour en arrière puisque assimilé aux « petites gens ».

Lors du XIIIe siècle, le cuir redevient synonyme de richesse et de distinction à travers la fourrure qui est de plus en plus demandée par la bourgeoisie.

Déjà au XVIe siècle, la maroquinerie fait partie intégrante de la mode vestimentaire et devient un accessoire indispensable à la tenue et plus simplement un objet d’utilité quotidienne. Les hommes arborent fièrement leur bourse comme signe de richesse.

Au milieu du XVIIIe siècle, le cuir est en plein essor et symbolise le confort et le luxe. L’on voit même se créer la « Manufacture royale du Cuir » est créée. La fonction du cuir et de la maroquinerie évolue et la praticité des objets de cuir se mêle à l’esthétique. En effet, les objets permettant le transport de choses et d’autres ne sont plus seulement soit uniquement pratique soit uniquement esthétique mais se les deux.

Ce n’est qu’en 1835 que le terme « maroquinerie » voit le jour et ce grâce à la création du premier portefeuille. La maroquinerie désigne désormais les articles en cuir de toute tailles (grande comme petite). L’industrie de cuir commence ainsi son essor ! C’est également durant le XIXe siècle que l’artisanat de luxe et les grandes maisons de maroquinerie de luxe vont voir le jour (Hermès, Louis Vuitton, Lancel …). L’on fait désormais la différence entre un « bagage » de qualité (beau travail de finition…) créé par un maître artisan malletier et une « simple valise » sans grande distinction. Le luxe créé de nouveaux bagages plus élégants, légers, souples et agréables au touché.

Le XXIe siècle est en continuité avec le XXe siècle en termes de maroquinerie. Le sac à main comme accessoire de mode devient un élément essentiel de la « tenue tendance ». De plus en plus de vêtements et articles de mode sont fabriqués en cuir. Toutefois, le cuir se démocratise et se développe encore davantage dans le mobilier mais également dans l’automobile (voiture de luxe comme le coupé cabriolet…). C’est au XXe siècle que l’industrie du cuir telle qu’on la connaît va réellement se développer et prospérer.